Mécanismes

L'abandon de poste ne mène plus au chômage

Sources officielles consultées le 8 août 2026.

Une chaise de bureau vide dans une pièce déserte
Photo : cottonbro studio sur Pexels

Un salarié absent sans justification et qui ne reprend pas son poste après une mise en demeure de son employeur est présumé démissionnaire. Le délai laissé pour reprendre ne peut pas être inférieur à 15 jours, week-ends et jours fériés compris, à compter de la présentation de la mise en demeure. Le salarié présumé démissionnaire ne bénéficie pas de l'allocation chômage et doit exécuter son préavis.

Pourquoi cette page existe

L'abandon de poste a longtemps circulé comme une astuce pour obtenir un licenciement et l'allocation qui va avec. Ce n'est plus vrai, et beaucoup de gens l'ignorent encore. Une page qui parle de sortir du salariat sans le dire clairement laisserait quelqu'un prendre une décision sur une information périmée.

Comment se déroule la procédure ?

  1. L'absence Le salarié quitte son poste ou ne s'y présente plus, sans justification.
  2. La mise en demeure L'employeur met le salarié en demeure de justifier son absence et de reprendre son poste, par lettre recommandée ou par lettre remise en main propre contre récépissé. La lettre doit indiquer les conséquences encourues.
  3. Le délai de reprise Il court à compter de la présentation de la mise en demeure et ne peut pas être inférieur à 15 jours, week-ends et jours fériés compris.
  4. La présomption Passé ce délai sans reprise ni justification, le salarié est présumé démissionnaire. Il doit exécuter son préavis et ne bénéficie pas de l'allocation.

Quels motifs font obstacle à la présomption ?

Ce qui empêche l'employeur de traiter une absence comme un abandon de poste
Le motifCe que dit la sourceCe que ça suppose
Raison médicaleL'absence pour consultation ou état de santé ne peut pas être traitée comme un abandonUn justificatif transmis, et transmis à temps
Exercice du droit de grèveL'exercice du droit de grève est protégéLe mouvement doit répondre aux conditions du droit de grève
Droit de retraitUn danger grave et imminent justifie de se retirerLa situation de danger doit être caractérisée
Refus d'une modification du contratLe salarié qui refuse une modification de son contrat n'abandonne pas son posteLe refus doit porter sur une modification, pas sur un simple changement des conditions de travail

Cette liste reprend les motifs cités par la fiche officielle. Elle n'épuise pas les situations possibles, et c'est justement pour cela qu'une absence prolongée se justifie par écrit, systématiquement.

Que peut faire l'employeur s'il ne suit pas la procédure ?

Il peut choisir de ne rien faire. Dans ce cas, le contrat de travail reste suspendu : le salarié n'est pas payé, et il ne reçoit pas les documents qui lui permettraient de s'inscrire à France Travail. C'est la situation la plus inconfortable de toutes, parce qu'elle ne se termine pas d'elle-même.

Comment contester ?

Le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes. La fiche officielle mentionne un délai d'un mois pour contester la rupture consécutive à la présomption de démission. Ce délai est court, ce qui rend la contestation à peu près impossible pour quelqu'un qui découvre la règle trop tard.

Ce que cette page n'est pas

Une information générale, pas un conseil sur votre dossier. Les règles rappelées ici renvoient toutes à une source officielle, mais votre convention collective, votre ancienneté et votre situation personnelle peuvent en changer l'application. Avant de signer quoi que ce soit, faites vérifier votre cas par un conseiller France Travail, un service de renseignement en droit du travail de la DDETS, un syndicat ou un avocat.

Questions fréquentes

L'abandon de poste ouvre-t-il droit à l'allocation chômage ?

Non, dès lors qu'il aboutit à la présomption de démission : le salarié présumé démissionnaire ne bénéficie pas de l'allocation (fiche F31209).

Quel est le délai minimal laissé au salarié ?

15 jours au minimum, week-ends et jours fériés compris, à compter de la présentation de la mise en demeure.

L'employeur est-il obligé d'engager la procédure ?

Non. S'il ne l'engage pas, le contrat reste suspendu et le salarié n'est ni payé ni en mesure de faire valoir des droits.

Le préavis est-il dû ?

Oui. Le salarié présumé démissionnaire doit exécuter son préavis.

Un arrêt maladie transmis en retard protège-t-il ?

La raison médicale fait obstacle à la qualification d'abandon, mais encore faut-il pouvoir la prouver. Un justificatif transmis tardivement complique la démonstration.

Combien de temps pour contester ?

La fiche officielle mentionne un délai d'un mois pour saisir le conseil de prud'hommes après l'action de l'employeur.

Les sources de cette page

  1. Qu'est-ce qu'un abandon de poste par un salarié ? (fiche F31209), service-public.gouv.fr. Consultée le 8 août 2026.
  2. Conseil de prud'hommes : saisine et délais (fiche F1052), service-public.gouv.fr. Consultée le 8 août 2026.
  3. Code du travail (texte consolidé), Légifrance. Consultée le 8 août 2026.